jeudi 15 janvier 2009

Un jeudi (ordinaire) à l’Assemblée

C'est un jour comme les autres à l’Assemblée nationale. Comme souvent une loi fait l’objet d’un amendement. Comme à chaque fois, on parle beaucoup, de tout…sauf du projet de loi. De la vie privée des députés, de leurs griefs personnels, tout y passe. Oui mais la loi alors ?

La loi organique… On y vient ! Cette fameuse loi qui fait jaser dans l’hémicycle, a pour but de redéfinir l’organisation des pouvoirs publics, en l’occurrence restreindre le rôle du pouvoir législatif en limitant au besoin la durée des débats. L’heure est grave, donc, puisqu’il s’agit de redéfinir les règles du jeu du Parlement.

Dans le coin bleu, la majorité tente de plaider les bienfaits de sa loi.

En face, dans le coin rouge, l’opposition tente d’infléchir ce projet par des amendements répétitifs et de tuer dans l’œuf une loi qui restreindrait son temps de parole. Un débat aurait eu le mérité d’éclairer n’importe quel français, spectateur, ou n'importe quel citoyen venu assister à l’Assemblée.

« Une obstruction systématique »

Pourtant, c’est bien à des querelles dignes d’enfants de 6 ans que l'on pouvait assister ce matin. L’opposition interpelle à tout va et la majorité s’arc-boute. Et de plus en plus, on perd le fil.

La gauche est dans l’opposition, et jusqu’aux bout des ongles. Elle s'évertue à dire "noir" tant que la droite se prononce en faveur du blanc, et à dire "blanc" à chaque fois que la majorité plaide pour le noir.

Patrick Ollier, député UMP, le déplore. Se défendant du caractère anti-démocratique du projet de loi, le président de la commission des affaires économiques pointe du doigt avec Claude Greff (députée UMP d’Indre-et-Loire) l’ "obstruction systématique" de l’opposition qui, "par des amendements répétitifs prouve que" la majorité a "raison de changer le règlement de l’assemblée".

"Nous voulons changer ce que j’ai qualifié tout à l’heure de laboratoire expérimental de l’obstruction, poursuit-il. On a pas encore abordé le texte et il y a déjà deux séances où nous discutons pour rien. A quoi ça aboutit ? Qu’un texte soit voté 8 jours après."

De l’Assemblée à la cour de récré, il n'y a qu'un pas. Il semble franchi lorsqu'on préfère parler de Saturnin et de Casimir qu’à évoquer les amendements et le texte de loi. C'était le cas il y a deux jours.

Le projet de loi organique prend alors tout son sens « Est-ce que l’Assemblée doit être efficace comme une entreprise du CAC 40 ou prendre le temps ? » s’interroge un journaliste de l’AFP.

La classe était décidément bien agitée aujourd’hui, mais pas plus qu’hier ou avant-hier, en fait.




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