Les députés examinaient ce matin le projet de loi organique visant à réformer le travail parlementaire. Objectif pour le gouvernement : accélérer les débats en limitant leur durée. Une mesure qui déclenche les foudres de l’opposition.
«C’est un déni de démocratie ! », s’exclame un député socialiste. « Mon œil !», lui rétorque un confrère UMP. Dès 9h30, ça chauffe dur à l’Assemblée Nationale.
Ce matin, les élus examinent le projet de loi organique concernant les procédures parlementaires. Un nom plutôt barbare pour une loi à l'objectif très simple : améliorer le travail législatif. Ce qui signifie pour le gouvernement, accélérer les débats en limitant leur durée.
Cela fait hurler les élus de l’opposition qui dénoncent une restriction du droit d’amendement. C’est-à-dire leur pouvoir de modifier les textes proposés par le gouvernement. Ils se sont donc mobilisés en masse. Pas moins de 4000 amendements ont été déposés. Une véritable guerre de tranchée.
Au menu ce matin : 22 amendements, portant sur… le titre de la loi. Tous identiques, ou presque.
on s'éloigne du sujet
Les socialistes se succèdent au micro. Ils argumentent sur la démocratie, le droit à la parole, le temps parlementaire et le temps médiatique. Bref, on s’éloigne du sujet. Le président de l’auguste assemblée s’impatiente, recadre les débats, tour à tour amusé et impatient.
C’est une grosse bataille. Ça part dans tous les sens. Ca chahute et ça ne s’écoute pas forcément. Certains lisent les journaux, d’autres leur courrier. Roger Karoutchi déguste tranquillement son café… un député en profite même pour écrire ses cartes de vœux.
De quoi surprendre les spectateurs, notamment une classe de primaire qui vient d’entrer.
Beaucoup de bruit donc. Et pourtant, pas plus d’une cinquantaine de députés sont présents ce matin. Moitié UMP, moitié socialiste. Les têtes d’affiches brillent par leur absence.
Vient le moment du vote. En quelques secondes, le nombre de député triple. 134 votants. Résultat ? 50 pour, 84 contre. Les 22 amendements sont rejetés. Ouf, plus que 4000 à examiner…
Finalement, c’est à la sortie de l’hémicycle que les débats reprennent forme humaine. Rien de tel que l’air frais de « la salle des 4 colonnes » pour retrouver ses esprits.
La preuve avec une première explication de Claude Greff, députée UMP (54), qui dénonce «une obstruction systématique ».
Second éclairage avec Arnaud Montebourg, député PS (71) : « Nous avons décidé de les bloquer et nous l’assumons ».
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